Epoque charnière en 1919


La gare de Colmar en 1919

Cette vue de la gare de Colmar montre un fourgon portant encore l'immatriculation EL, alors que les panneaux de quai portent déjà des mentions en français. Pour le remplacement du personnel allemand qui est sommé de quitter le territoire redevenu national, il est primordial de mettre en place des agents aptes à donner au réseau l'orientation nécessitée par sa réintégration dans l'espace français. C'est la venue d'un personnel recruté auprès des autres réseaux nationaux, parfois moins qualifié et doté d'une formation de base moins étendue. Ignorant tout de la langue allemande et du mode de fonctionnement prussien, ces nouveaux agents, le plus souvent investi de fonctions supérieures, apportent des méthodes de travail et des règlements qui sont parfois loin d'être meilleurs que ceux que connaissent les anciens cheminots de l'EL. Venant jouer les administrateurs coloniaux avec de véritables primes de campagne, ils accaparent tous les postes moyens et supérieurs et ne sont pas tenus d'apprendre ni le dialecte, ni l'allemand, alors que les Alsaciens-Mosellans sont vivement 'invités' à se mettre au français, ce qui est plus facile pour les jeunes que pour les anciens. Outre les cours professionnels proprement dits, il faut ainsi organiser l'enseignement du français pour un certain nombre d'agents. D'ailleurs la plupart des règlements, formulaires et autres notes de service sont établis dans les deux langues jusqu'après 1945 et sont de plus abondamment illustrés afin de lever, autant que possible, les ambiguïtés d'interprétation.