Une rame de voitures et fourgon stationne en gare de Strasbourg
En gare de Strasbourg

 Dès la signature du traité de paix de Francfort, un des premiers soucis des dirigeants du nouveau réseau EL est de passer des commandes conséquentes de voitures et de fourgons afin d'effectuer le plus vite possible les trains de voyageurs sans avoir recours aux coûteuses locations auprès des compagnies françaises, belges et allemandes. Dès 1874, la rapidité des livraisons, effectuées en majorité par les industries allemande et belge, permet la constitution d'un parc de 773 voitures et de 200 fourgons suffisant pour les besoins des lignes de la région. Malgré la tutelle des autorités berlinoises, une certaine liberté dans le choix des modèles commandés par l'EL caractérise la période allant jusqu'au milieu de la décennie 1900-1910. Des types de matériel des compagnies voisines sont choisis ; on voit ainsi des voitures et des fourgons d'inspiration Wurtembergeoise, Badoise et Palatine côtoyer les véhicules Prussiens. Le désir d'une unification plus grande se fait ensuite jour sur l'ensemble des réseaux allemands. Le matériel EL, arrivant après 1907-1908, est ainsi calqué sur des plans de matériel prussiens. Les livraisons de ces effectifs impressionnants, le plus souvent à trois essieux, permettent de procéder à des radiations importantes dans les rangs des unités les plus anciennes, tout en répondant à l'essor considérable du trafic enregistré à l'approche du premier conflit mondial. En 1906, la création d'une quatrième classe d'aménagement, dans les voitures voyageurs, marque l'alignement complet de l'exploitation du réseau EL sur le modèle allemand. Les trains rapides et express comprennent dès lors des voitures de 1ère, 2ème et 3ème classe et les omnibus n'offrent plus que des 2ème 3ème et 4ème classe. Les intérieurs de ces dernières sont des plus spartiates avec de simples bancs en bois et de nombreuses places debout.